Eggman, Tokyo, Mars 2004

      


Eclat / Wappa Gappa
Jas'Rod, Les Pennes-Mirabeau, 5/03/99

Je ne pense pas beaucoup m'avancer en disant que les gens présents n'oublieront pas de sitôt cette soirée remplie de chaleur, d'amitié et d'excellente musique. Ce double concert était organisé par la "famille" Eclat ainsi que de l'équipe du Jas'Rod, une salle moderne et de capacité moyenne que tout organisateur de concerts rêverait de posséder. Wappa Gappa terminait à Marseille une mini-tournée européenne qui était auparavant passée par la Hollande, en ouverture d'un festival progressif, puis par la Belgique, au Spirit of 66 de Verviers, club réputé pour ses concerts hard FM mais largement ouvert au progressif. Il est étonnant de voir avec quelle rapidité la formation japonaise a su se faire connaître, signant chez Musea pour son second album un an à peine après avoir découvert un public potentiel hors de son pays, et se produisant déjà en Europe. Il faut dire que ne sortant pas du "giron" progressif proprement dit, les musiciens n'ont pas d'arrière-pensées et souhaitent très sincèrement diffuser leur musique le plus largement possible.

Eclat avait donc mis les petits plats dans les grands, organisant un "vernissage" à l'hôtel de ville de Marseille à l'occasion de la sortie de son CD en concert "Marseille - Tokyo". Wappa Gappa était l'invité d'honneur. N'étant pas présent, je n'en dirai pas plus. Les deux groupes ont également eu droit à une courte séquence durant le très prisé "6 minutes" d'M6, ainsi qu'un article dans le Provençal ! Restait à voir si le public suivrait ! Les organisateurs furent sûrement rassurés en voyant qu'environ 150 personnes se rassemblaient devant la scène (évitant ainsi de rééditer le couac du concert Eclat / Gerard de Juin 98). Fabrice Di Mondo débuta le concert en annonçant que ses camarades fêtaient là les 10 ans d'existence d'Eclat (anciennement de Vers) et que pour laisser plus de place à Wappa Gappa, ils ne joueraient qu'une vingtaine de minutes ! Heureusement, il voulait nous faire peur car Eclat resta tout de même sur scène durant 45 minutes. C'est peu me direz-vous, surtout pour un anniversaire. J'en connais qui auraient facilement tiré la couverture à eux mais c'est mal connaître les musiciens marseillais qui avaient promis que la soirée mettrait les japonais à l'honneur. Comme à son habitude, Eclat interpréta un set professionnel et détendu, identique à celui figurant sur la section marseillaise du nouveau CD live.

Celui de Wappa Gappa débuta par une scène incongrue et réjouissante: le batteur Hiroshi Mineo, grand fan de foot et incollable sur les équipes françaises, lançait un tonitruant "allez l'OM !" et faisait reprendre au public supporter un célèbre slogan anti-milanais ! A mourir de rire ! Changement radical avec l'apparition de la belle Tamami Yamamoto qui mis bien peu de temps pour séduire l'auditoire (c'est rien de le dire !).

La sélection de morceaux tirés de "Yamatai" et "Shinwa" fut judicieuse, mettant tour à tour en avant les qualités progressive de la musique (les changements rythmiques sophistiqués dirigés par les solides bassiste Keizo Endo et batteur Hirishi Mineo), notamment lors des magnifiques "Shinwa" et "Shangri-la", et la plénitude envoûtante de chansons telles que "Angel's Song" ou "Floating Ice", composée par le claviériste Hideaki Nagaike. Avant ce concert, je regrettais encore le récent départ du guitariste Yasuhiro Tachibana, me demandant comment le groupe pourrait lui trouver un successeur. Honte à moi pour avoir douté ! Il n'aura fallu que quelques secondes de solo pour reconnaître que Wappa Gappa sait admirablement choisir ses musiciens (existe-t-il un musicien japonais mauvais ?). Hisaaki Takemori eut le tact de ne pas chercher à faire oublier Tachibana, ajoutant juste sa personnalité à des solos qui font partie intégrante des morceaux enregistrés sur CD ("The Lion-Hearted King"). Son bagage blues / rock ajoute une touche rugueuse au poli du son d'ensemble. Chacune de ses interventions fut d'ailleurs applaudie avec enthousiasme. J'ai hâte d'entendre son travail sur de nouvelles compositions.

N'oublions pas le manager-producteur Sato-ken, membre à part entière du groupe, personnage haut en couleurs qui malgré sa grande expérience était visiblement très ému par la chaleur de l'accueil du public dans les trois pays visités.

Jean-Luc Putaux

Extrait de la chronique publiée
dans Koid'9 / Le Bouche A Oreille n°29

Crédit photos: Jean-Luc Putaux
Merci à Jean-Marc Valladier pour le scan de l'affiche du concert.

N'oubliez pas de visiter le site web d'Eclat !


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